Les maladies chroniques de l’intestin, fonctionnement, origines et solutions de régénération.

par | Juin 14, 2019 | Articles


Comprendre pour agir

Les MICI (Maladies inflammatoires chroniques de l’intestin) sont la maladie de Crohn et la RCH (Rectocolite hémorragique).

Je souhaite vous partager cet article afin de vous aider au mieux dans la compréhension de la maladie de Crohn et de la RCH. Je pense profondément que c’est en comprenant son corps et tout son fonctionnement que nous pouvons prendre conscience de toutes les solutions que nous avons à notre disposition pour profiter de la régénération. Quand j’ai débuté mon changement de vie global afin d’enclencher le processus de guérison de mon corps, j’aurais aimé trouver un article qui me permette d’y voir plus clair et qui explique le fonctionnement de ces maladies tout en présentant des solutions d’apaisement du corps, autrement qu’en passant par la lecture des livrets que l’on trouve dans les salles d’attente des hôpitaux. C’est pourquoi je souhaite vous partager un maximum d’informations sur le fonctionnement des  MICI et toutes les possibilités de régénération par le simple respect des lois du vivant.

Que sont les MICI ?

Inflammation du système digestif

Les MICI sont des maladies qui touchent la globalité du système digestif, de la bouche à l’anus. Selon les cas, une partie du système digestif sera touchée mais pas une autre. Chaque personne présente une MICI très spécifique et bien à elle et peu de cas sont similaires !

Ces maladies se caractérisent par l’inflammation de la paroi d’une partie du système digestif, liée à un système immunitaire en perpétuel travail afin de sauvegarder la santé globale du corps. Il est alors intéressant de se demander pourquoi le système immunitaire et l’inflammation sont sans cesse sollicités dans les MICI.

Le système digestif

À l’origine, le processus inflammatoire généré par le système immunitaire fait partie des ressources essentielles de l’organisme pour réparer une blessure externe (coupure…) ou interne (fractures…) Néanmoins, lorsque l’inflammation est permanente ou quasi permanente (chronique) comme c’est le cas dans les MICI, nous sommes face à un dérèglement corporel important.
 
L’inflammation du système digestif dans le cas de MICI a pour origine l’inflammation des parois du système digestif et dans la plupart des cas une muqueuse intestinale inflammée, défaillante et dysfonctionnante. 
 
La muqueuse intestinale, aussi appelée barrière intestinale, est située dans les intestins. C’est elle qui recouvre les intestins et forme une barrière de protection. Cette muqueuse intestinale est en effet essentielle pour protéger et délimiter le système digestif du reste du corps. Tout ce qui se trouve à l’intérieur du système digestif est bénéfique pour lui mais très toxique pour le reste de l’organisme. Il est donc nécessaire que la muqueuse intestinale soit bien imperméable, épaisse et résistante pour protéger l’ensemble du corps. Et c’est justement à cet endroit précis (la muqueuse intestinale !) que nous rencontrons un souci pour les MICI ! Cette imperméabilité intestinale n’est pas correctement mise en place. Il y a en effet perméabilité voire hyper-perméabilité intestinale ! Cela signifie que la muqueuse intestinale est pleine de trous (image de la passoire pour égoutter le riz !), laissant ainsi passer plein de molécules toxiques partout dans le corps. Le système immunitaire et sa super arme qui est l’inflammation se mettent au travail. Le système immunitaire a alors deux objectifs : réparer la muqueuse intestinale et donc balancer un max d’inflammation pour lui permettre de se régénérer et évincer toutes les molécules qui se sont enfuies des intestins, toxiques pour le reste du corps et qui se baladent pourtant partout dans l’organisme.
 

Les MICI présentent donc une chronicité de l’inflammation pour réparer les parois du système digestif. Cette inflammation est chronique parce que les parois n’arrivent pas à se réparer et sont sans cesse pleine de trous ! Et le passage des molécules toxiques à travers les parois du système digestif viennent encrasser, abîmer voire détruire les organes, les os ou encore les articulations du corps. Il y a donc une ambivalence dans ce phénomène inflammatoire. Cette réaction auto-immune est à la fois bénéfique et dysfonctionnante. Elle est bénéfique parce que si les molécules échappées de nos intestins restaient dans les parties de notre corps qui ne sont pas faites pour les accueillir, nous ne survivrions pas. Et elle est dysfonctionnante parce que le corps s’auto-attaque.

Les origines de l’inflammation

Génétique et épigénétique

Tout notre système corporel fait entrer en jeu plusieurs facteurs : des facteurs génétiques certes (nous avons tous nos failles génétiques qui peuvent induire certaines faiblesses organiques), mais aussi et surtout des facteurs épigénétiques !

L’épigénétique est une discipline en biologique qui étudie la nature des mécanismes modifiant, de manière réversible, transmissible (lors des divisions cellulaires) et adaptative, l’expression des gènes sans en changer leur ADN. L’idée est que notre environnement détient donc une grande importance dans le fonctionnement de notre organisme. L’épigénétique inclue tous les facteurs environnementaux pouvant jouer sur notre état de santé : l’alimentation, le stress, l’activité physique, les médicaments, notre état psychique et émotionnel, notre façon de penser, l’air ou encore l’eau. Notre environnement détient donc une action directe et profondément importante sur notre corps !
 
En effet, l’alimentation actuelle chimique et transformée, le stress élevé auquel nous sommes soumis chaque jour ainsi que le manque d’activité physique détiennent une influence absolument colossale dans le dérèglement de notre corps puisqu’étant non naturels et inadaptés aux besoins de l’être humain.
 
Nous sommes à l’origine des êtres entièrement issus de la nature ayant des besoins fondamentaux qui sont :
 
– une alimentation hypotoxique (en référence aux travaux de Jean Seignalet : sans gluten, sans maïs, sans lait animal et cuisson douce), brute, naturelle et biologique
– un apaisement psychique et corporel induisant un stress régulé et uniquement présent lors d’attaque par des animaux ou de manque massif de nourriture
une activité physique quotidienne.

Si chaque jour nous allons à l’encontre de ces besoins, nous mettons notre corps en souffrance. Celui-ci peut alors développer une multitude de dérèglements pouvant aboutir à la mise en place de maladies, comme les MICI. En effet, lorsque nous apportons à notre corps un environnement inadapté, celui-ci va réagir par stimulation du système immunitaire qui va être alerté. Le système immunitaire va en effet ressentir une agression de la part de son environnement. Celui-ci ne s’est pas modifié dans le temps, a conservé son instinct de survie et réagit encore de la même manière qu’il y a des milliards d’années : lorsque le corps se sent agresser, quelle que soit l’agression (alimentation inadaptée, stress…), le processus inflammatoire se met en route pour se protéger et combattre l’agression.

Dysfonctionnement mondial

 

Selon l’INSERM (Institut national de la santé et de la recherche médicale), les MICI ont une « fréquence qui varie considérablement d’un pays à l’autre, les taux les plus importants sont retrouvés dans les pays industrialisés, notamment en Europe du Nord-Ouest et aux Etats-Unis. En France, où la prévalence (= nombre de cas enregistrés à un temps T.) est stable ces dernières années, environ 5 nouveaux cas de maladie de Crohn et autant de rectocolites hémorragiques sont diagnostiqués chaque année pour 100 000 habitants. La prévalence augmente en revanche de façon exponentielle dans les pays en cours d’industrialisation (pays du Maghreb, Asie, Afrique du Sud…) »

Les MICI sont donc en explosion dans les régions industralisées ou en voie d’industrialisation. Je trouve cela très intéressant qu’ils aient choisi le terme « industrialisation », parce que, indéniablement, ces maladies sont en lien avec le système industriel. Ce dernier propose en effet depuis plusieurs dizaines d’années des produits (et non des aliments) qui n’ont plus rien à voir avec les aliments bruts et naturels dont l’être humain a besoin pour se développer et se maintenir en vie. Ces produits ne sont pour la plupart pas des aliments : ce sont très souvent des compositions chimiques travaillées en laboratoire – les chimistes qui fabriquent ces produits se gardent bien d’être en contact avec ces derniers grâce à un masque, une blouse et des gants – et ce sont souvent des reconstitutions d’aliments que l’on a pré-transformé. Ils ont la forme d’un aliment mais le fond est tout autre.

De plus, les semences sont aussi – pour une énorme majorité – sélectionnées et génétiquement modifiées, et malheureusement aspergées de substances toxiques extrêmement nocives pour l’environnement, la faune, la flore et notre santé. Des milliers de personnes vivant à côté des champs de culture où sont répandus une quantité gigantesque de pesticides développent des cancers et des maladies auto-immunes. Et pour les femmes enceintes, de nombreuses malformations du foetus apparaissent (cerveau, développement des membres, problèmes de développement des testicules, retard intellectuel, problèmes thyroïdiens…)

Les animaux que nous consommons sont aussi souvent victimes de ce dysfonctionnement mondial. Les animaux sont en majorité nourris aux antibiotiques, aux hormones de croissance (plus vite ils grossissent, plus vite ils peuvent être tués pour être mangés : recherche de rendement au maximum), avec une nourriture OGM (Organisme génétiquement modifié). Le stress de ces animaux est à son comble durant toute leur vie. Tout leur environnement est donc extrêmement nocif, pollué et atroce émotionnellement et corporellement. Dans sa chair, il y a des antibiotiques, des vaccins, des hormones, de la nourriture polluée et transformée ainsi que tout son stress. Quand nous mangeons ces animaux, nous mangeons tout ce qu’ils ont vécu et mangé.

Quant aux poissons que nous consommons, ils viennent majoritairement de la mer. Le problème aujourd’hui est que la mer est devenue une gigantesque poubelle de l’être humain. On y retrouve du plastique, des métaux lourds, desexcréments venant des industries animales, des résidus de médicaments, des poubelles, du pétrole… La plupart des poissons que nous mangeons ont la forme de poissons mais sont remplis, au sein de son organisme, de toxicité pour eux et pour nous.

Le plastique, prédateur des poissons et des humains

Les produits toxiques intoxiquent la mer et ses habitants
 
Enfin, l’eau et l’air sont profondément pollués. Il y a même des traces de métaux lourds et de médicaments dans la pluie (cycle de l’eau !) L’air et l’eau arrivent dans notre corps qui détecte tous les résidus de pollution et de toxiques.
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Face à toutes ces agressions venant de l’extérieur, notre corps déploie son système immunitaire qui se met en route et effectue son travail de défense du corps, impliquant le processus inflammatoire ! Ce monde dans lequel nous vivons dysfonctionne profondément au détriment de notre santé et de celle de la planète. Nous ne pouvons pas vivre en santé sur une planète malade. Nous vivons en symbiose avec elle. Il est impossible de dissocier les deux. Face à ce phénomène de déséquilibre mondial, notre corps se retrouve de plus en plus malade. Notre système immunitaire est de plus en alerte tous les jours face à ce dérèglement environnemental. C’est ainsi que l’inflammation chronique, symptôme de ce monde, peut prendre place. Nous pouvons y voir le cri de notre corps, et son hurlement pour nous réveiller et nous supplier d’arrêter tout cela.
 
Symptômes et médicaments 
 
Les symptômes des MICI peuvent être plus ou moins importants selon le niveau d’encrassement et donc d’inflammation, pouvant entraîner certaines fois l’ablation d’une partie des intestins et le port d’une poche (stomie), ce qui est fréquent. Ce sont des maladies qui fonctionnent par poussées (ou crises). Les poussées peuvent être chroniques ou permanentes selon les cas. Les symptômes les plus fréquents sont les suivants : diarrhée incessante et que l’on ne peut pas retenir (plusieurs dizaines par jour et nuit, avec la possibilité de se faire sur soi si nous n’avons pas des toilettes immédiatement), douleurs abdominales modérées à atroces (dans certains cas – comme le mien avant par exemple – la morphine par intraveineuse ne faisait même pas effet), atteinte de la région anale (fissure, abcès, écoulements de glaire ou de sang par l’anus), nausées et vomissements, inflammation de l’œsophage, importants problèmes dermatologiques, aphtes dans la bouche, douleurs articulaires…
 
Ces symptômes sont simplement le signe d’une tentative de détoxification de l’organisme qui souhaite rejeter les toxiques à l’extérieur du corps. La diarrhée, par exemple, est la signification que le corps n’a pas la possibilité de digérer ce que nous venons de lui apporter. Il l’éjecte donc dans les heures qui suivent l’ingestion ! (Je trouve le corps magnifiquement bien fait et suis émerveillée par le phénomène diarrhée 😀 !) Cela peut être pour diverses raisons : muqueuse intestinale beaucoup trop poreuse et inflammée pour pouvoir participer au travail de digestion et d’assimilation des nutriments, quantité et/ou qualité des aliments inadaptées à nos besoins, aliment beaucoup trop irritant pour une muqueuse déjà à vif… Quant aux problèmes de peau, ils nous signifient que notre organe d’élimination peau (aussi nommé organe émonctoire. Il y en a 4 : peau, foie, reins, intestins) est en train de travailler afin, lui aussi, d’évacuer les déchets ! Enfin, les vomissements, tout comme la diarrhée, sont un moyen très efficace du corps pour évacuer rapidement les aliments ingérés vus comme toxiques pour le corps.
 
À l’origine, un symptôme (mal de tête, blessure, rougeurs sur la peau, maux de ventre légers…) est extrêmement bénéfique puisqu’il nous permet de nous indiquer que quelque chose ne va pas pour la conservation de l’équilibre de notre corps. Par exemple, un mal de tête peut signifier que l’on n’a pas assez dormi, que l’on a trop mangé ou mal mangé, qu’il y a trop de bruit ou encore que nous avons trop travaillé. Des rougeurs sur la peau peuvent vouloir dire que l’on s’est trop exposé au soleil, que l’on s’est beaucoup gratté, que le chauffage est trop élevé ou encore qu’un tissu nous a irrité. Le symptôme vient quand il y a excès (un excès est toujours inadapté aux besoins du corps) et non équilibre, ce qui ne convient pas à l’organisme humain. Le corps humain est donc particulièrement bien fait puisqu’il nous permet de nous alerter et de savoir quand quelque chose nous convient ou non afin que l’on s’adapte à ses besoins !
 
De plus, un symptôme permet d’éliminer naturellement les toxiques accumulés dans le corps. Un mal de tête ou une irritation cutanée par exemple sont des éliminations de déchets ! Cette élimination de déchets est normale et vitale pour le corps humain. Cette détoxication s’effectue en permanence ! Par conséquent, il est nécessaire et vital pour le corps de le laisser effectuer cette détoxication lorsqu’il en a besoin. Si nous ne laissons pas notre corps faire son travail, cela peut entraîner d’importants dysfonctionnements au niveau des organes, du cerveau, des os ou encore des articulations. Les déchets vont en effet s’accumuler dans le corps sans possibilité de sortie. Et des déchets accumulés, cela donne des maladies !
 
Écouter et accueillir le symptôme est donc primordial pour comprendre les besoins de notre corps et s’y adapter. Le symptôme permet à la fois de nous indiquer que quelque chose ne convient pas à notre corps (une forme de cri et d’appel à l’aide) mais aussi un moyen de détoxication de l’organisme face à l’élément perturbateur et encrassant. Par conséquent, prendre un médicament pour faire taire les symptômes du quotidien revient à ne pas écouter ce que notre corps a à nous dire et à l’encrasser puisque les déchets ne pourront pas sortir naturellement.
 
Lorsqu’une maladie est installée, le symptôme est une toute autre affaire. Selon la médecine conventionnelle, aucun traitement n’est à ce jour curatif pour les MICI : ce sont donc des maladies incurables que nous gardons pour le restant de nos jours. En revanche, il existe de nombreux traitements (avec de lourds effets secondaires) venant atténuer voire éteindre les symptômes qui peuvent être extrêmement handicapants et douloureux aussi bien physiquement que psychologiquement. Si l’absence de symptômes se fait ressentir sur une certaine période (quelques mois à quelques années), nous parlons alors de rémission de la maladie. La maladie est en sommeil mais est toujours présente dans le corps, d’où, par ailleurs, son nom de « maladie chronique ».
 
Dans les MICI, il est fréquent que ce symptôme (diarrhée ou douleurs abdominales atroces par exemple pour une MICI) soit invivable, profondément handicapant et très douloureux (je sais à quel point certaines douleurs liées aux MICI peuvent être atroces voire même inexplicables tellement la douleur est envahissante !) Il est alors intéressant de prendre un traitement afin de limiter l’inflammation (si cela est possible, prendre le traitement le moins lourd afin d’éviter les graves effets secondaires), même si ce traitement ne guérit pas la maladie à son l’origine (c’est ce qu’on appelle un traitement asymptomatique). Dans ce type de maladie chronique et inflammatoire, je vois le traitement de fond ou d’urgence comme une béquille que l’on va garder un temps en même temps que l’on cherche les origines environnementales de nos maux, pour ensuite pouvoir enclencher le changement et le processus de régénération. Tout ce travail personnel s’imbrique dans les solutions pour réduire la porosité intestinale et donc le processus inflammatoire généré par le système immunitaire.

 

Comment désenflammer le corps ?

Les points fondamentaux

Pour que le corps s’apaise et (re)trouve son équilibre, il suffit juste de lui apporter ce dont il a besoin.

En parallèle de la recherche des origines de nos maux et selon les personnes, conserver un traitement médicamenteux me semble particulièrement approprié afin de regagner en vitalité, éviter la dénutrition, une inflammation envahissante (comme on l’a vu, à la fois bénéfique mais aussi très dysfonctionnante). Ceci pourra alors permettre une reprise d’énergie et la possibilité d’agir et de changer ce qui ne convient pas dans notre environnement. Cette recherche et le travail sur soi peut être rapide ou long, facile ou compliqué, excitant ou difficile selon les personnes, générant une décroissance des symptômes de manière plus ou moins rapide. Nous sommes chacun différents et avançons à notre manière, ce qui n’est ni bien ni mauvais, cela doit juste se faire, tout simplement. L’objectif est d’avancer, de travailler sur soi et de comprendre son propre fonctionnement. Et rien que ça, ce sont des pas de géant. Ensuite il est important de mettre en place des changements qui nous sont vitaux et bénéfiques pour (ré)accéder à l’apaisement, l’équilibre de santé et la régénération. Ces changements peuvent être alimentaires, psychologiques, liés à notre manière de voir la vie et la maladie, à notre niveau de stress, à notre travail, à notre lieu de vie, à nos relations, à notre niveau d’activité physique… C’est une approche holistique, globale qu’il est nécessaire d’effectuer pour pointer les possibles dysfonctionnements et y remédier. Chacun est différent par son histoire de vie et son histoire corporelle, générant une multitude de solutions possibles pour accéder à la régénération.

Nous prenons conscience que nous pouvons sortir de l’impuissance, devenir acteur de notre vie, la vivre et non plus la subir avec une épée de Damoclès au-dessus de notre tête (c’est de cette manière que je me voyais au vu des possibles crises qui pouvaient survenir à n’importe quel moment !) C’est un travail de remise en question sur notre manière de vivre, cela demande de prendre des décisions et de modifier ses habitudes. C’est donc un travail qui n’est pas évident mais qui en vaut profondément la peine ! 🙂

Lorsque l’on souhaite s’orienter vers la régénération, différents points sont à investiguer :

– notre alimentation

– notre niveau de stress incluant les relations, le travail, la famille, le rythme de vie, l’état émotionnel et psychologique…

– notre niveau d’activité physique

Ce sont ces piliers de vie qui sont souvent dysfonctionnants lorsque l’on a une MICI. Cela peut être juste l’un de ces piliers ou tout l’ensemble, et ce serait tout à fait normal puisque tout est imbriqué et se développe en symbiose.

La mise en pratique

L’alimentation est un élément primordial à prendre en compte pour réparer la muqueuse intestinale ainsi que l’ensemble de notre corps (sphère psychologique, les différents organes, la régulation hormonale…) Une alimentation industrielle, transformée, chimique n’a plus rien de naturel et est par conséquent hautement inflammatoire et déséquilibrante pour l’organisme. Nous sommes issus de la nature et nous sommes développés organiquement et corporellement avec elle pendant des millions d’années. C’est grâce notamment à cette alimentation naturelle que nous avons pu nous construire pour devenir les êtres magnifiques que nous sommes aujourd’hui. De plus, notre fonctionnement digestif ne s’est pas modifié durant ces derniers milliers d’années. Apporter les aliments digestes et digérables pour notre corps est très important. Les aliments non reconnus par notre système digestif viennent l’inflammer et tout particulièrement au niveau de la muqueuse intestinale, présente tout le long des intestins, soit sur une longueur d’au moins 6 mètres ! C’est tout le système immunitaire qui se met en route.

L’alimentation régénérante conseillée est une alimentation brute, biologique, anti-inflammatoire, naturelle et hypotoxique (en référence aux travaux de Jean Seignalet : sans gluten, sans lait animal, sans maïs, cuisson douce) : fruits frais entiers, légumes frais entiers, riz, patates douces, sarrasin, quinoa, graines, oléagineux, petits poissons gras en petite quantité et huiles végétales hormis les huiles d’arachides. Éviter le sucre (sauf celui des fruits, des légumes et des glucides) est aussi primordial parce que très inflammatoire ! Respecter les combinaisons alimentaires est aussi très désenflammant.

Cette alimentation est, bien sûr et comme toujours, à adapter selon les possibilités de chacun. Selon vos possibilités, l’idéal est de se détacher des circuits industriels et des aliments transformés. Je vous conseille de manger des aliments bruts et biologiques au maximum.

La question des légumes et des fruits : beaucoup de personnes présentant une MICI ne peuvent pas manger de légumes / fruits ou très peu. D’une part, cela est lié au fait que les légumes et les fruits, par la présence de fibres, viennent racler et irriter la muqueuse intestinale qui est déjà irritée et inflammée, provoquant encore plus d’inflammation. D’autre part, la flore intestinale (aussi appelée microbiote) d’une personne ayant une MICI est très fréquemment déséquilibrée (dysbiose), ce qui est d’ailleurs logique au vu des explications précédente : la personne ne peut plus manger de légumes, ce qui impacte la composition bactérienne du microbiote qui finit par se déséquilibrer. Les bactéries du microbiote sont en effet présentes pour aider à la décomposition, à la digestion des aliments et à l’assimilation des nutriments dans le sang. Le microbiote développe donc des milliards de bactéries qui vont être nécessaires à l’assimilation de ce que nous lui offrons comme aliments, et celui-ci s’adapte à la nourriture accueillie ! Par conséquent, si nous ne mangeons plus du tout ou presque plus de légumes et qu’un jour nous mangeons une assiette de légumes, le microbiote n’aura pas le matériel nécessaire pour les digérer. Cela finira donc en diarrhée ou en vomissement pour éjecter ces aliments qui ne peuvent pas être assimilés. C’est un peu comme si dès la naissance d’un enfant, nous lui donnions des maquereaux et des brocolis. L’enfant n’a pas le matériel corporel pour digérer et assimiler ces aliments (dents, microbiote, mastication…) Par conséquent, un rééquilibrage progressif alimentairequi impactera le rééquilibrage du microbiote est ainsi nécessaire pour permettre aux bactéries qui se nourrissent de légumes et de fruits de repeupler le microbiote. Avec ce phénomène, nous pouvons à nouveau observer toute la beauté mais aussi l’ambivalence de notre système organique : le corps s’adapte à ce que nous lui apportons pour survivre et assimiler de l’énergie, mais dans un contexte dysfonctionnant ! Notre corps a conservé son instinct de survie ! Merci petit corps ! 🙂

L’évacuation des déchets toxiques présents et stagnants dans tout notre organisme, y compris dans nos intestins, est aussi importante. Ils peuvent en effet induire de l’inflammation. Cela peut passer par l’alimentation dont nous avons parlé précédemment, le jeûne sur plusieurs jours ou le jeûne intermittent, l’activité physique, l’hydrologie, les massages, le sauna, les huiles essentielles ou encore les plantes. Ce processus nécessite d’avoir des organes émonctoires (organes d’élimination des déchets : le foie, les reins, la peau, les intestins et les poumons) en bonne forme. Il est aussi intéressant de soutenir ces organes durant l’évacuation de ces déchets (c’est important de bien les aider parce qu’ils vont travailler dur !) par des plantes adaptées au soutien de chaque organe, des bouillottes ou des cataplasmes à l’huile de ricin par exemple.

La diminution du stress est essentielle dans ce processus de reconstruction de la muqueuse intestinale et corporelle globale. Le stress est en effet très inflammatoire. Il est pourtant présent de manière massive dans nos vies et peut être diminué par les effets apaisants et anti-inflammatoires de l’alimentation, de l’activité physique et des mouvements corporels, des soins psychologiques et émotionnels (psychologue, méditation, Yoga, recentration sur ses ressentis, Pilates…), des soins énergétiques, le fait d’être heureux quotidiennement dans son activité professionnelle et personnelle, éviter les personnes et situations toxiques et anxiogènes en s’entourant de personnes aimantes et d’animaux (les chats c’est la vie !) 😀

L’activité physique est enfin un moyen très efficace d’évacuation des toxines et de réduction de l’inflammation. Elle permet de fluidifier les tensions jusqu’à les faire partir, de désengorger les blocages aussi bien physiques qu’émotionnels et d’apporter un bien-être au corps. Certaines personnes qui ont une MICI assez avancée ne sont pas en capacité de bouger, se mouvoir et de « faire du sport ». Pour ma part, j’étais dans le même cas que ces personnes ! Je n’avais plus aucune énergie, étais endolorie et n’avais pas envie de faire plus de mal à mon corps. Je voulais juste me reposer dès que je le pouvais, allongée dans mon canapé avec ma bouillotte sur le ventre. Après avoir beaucoup travaillé en étant aidée par une psychologue pendant des années, mon déclic concernant les possibilités de régénération avec le maladie de Crohn s’est réalisé avec l’alimentation. J’ai donc commencer à changer mon alimentation pendant de nombreux mois et lorsque j’ai enfin repris une énergie qui n’a fait qu’augmenter et qui est devenue presque explosive pendant environ deux mois, je me suis mise à faire du Yoga et du Pilates, mais pas avant ! J’y suis donc allée à mon rythme et avec mes possibilités. Chacun avance à sa manière et à son rythme. Et avec un point central à ne pas laisser de côté : le plaisir ! 🙂

 Conclusion

Il n’y a pas une manière de vivre la régénération, il y en a autant que nous sommes d’êtres humains. Chercher, découvrir, se découvrir, évoluer, comprendre, agir sont des étapes nécessaires à la régénération et à l’apaisement du corps. Nous présentons des capacités d’auto-guérison que nous tenons de toute notre évolution. Enfin, comme le dit un proverbe tibétain, « la maladie est un avertissement qui nous est donné pour nous rappeler l’essentiel ». L’essentiel, c’est tout simplement nos origines remontant à plusieurs milliards d’années. Tout ce dont l’être humain a besoin pour vivre au sein d’un équilibre de santé, en respectant les lois du vivant. Comprendre l’évolution de notre espèce est à mon sens fondamental pour comprendre nos besoins vitaux et y répondre. N’oublions pas que nous sommes tous capables, que notre vie nous appartient et qu’une multitude de choix sont sont possibles. Profitons-en 🙂 Il est intéressant et recommandé d’être suivi par un naturopathe avant de se lancer dans un changement alimentaire, surtout si une MICI est présente.

Pour en savoir encore plus sur la régénération des MICI

– Vidéo TI2018-Ep10- Asthme, acné , maladie de Crohn deux témoignages de jeunes qui ont choisi la vie !, Thierry Casasnovas : mon témoignage en vidéo pour Thierry Casasnovas 

– Vidéo Crohn, MICI, RCH. Vivre de riz et de pommes de terre?, Thierry Casasnovas  
 
Vidéo La maladie de Crohn – Théorie du Dr Jean Seignalet – Maladie d’éliminination, Qinali – Se nourrir se soigner
 
– Vidéo Intestin poreux, sortir du cercle vicieux, Dr. Raphaël Perez- Diagnostiquée Crohn, Jeanne Deumier 
 
– Réduire au silence 100 maladies avec le régime Seignalet, Jean-Marie Magnien
 
– L’alimentation ou la troisième médecine, Jean Seignalet- Les clés de l’alimentation santé, Michel Lallement

Un article rédigé par :

Manon Touati

Manon Touati

Etudiante en Psychomotricité, Passionnée de Naturopathie et rédactrice chez « Ma place dans l’univers »

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